Éditorial
DOI :
https://doi.org/10.65636/cjo.v88i2.6928Mots-clés :
ÉditorialRésumé
Ma sœur a récemment fermé sa clinique après plus de 40 ans d’exercice à titre d’orthodontiste. La tâche la plus longue a été l’élimination de ses dossiers cliniques. Il s’agissait d’une énorme collection de dossiers papier, de diapositives 35 mm et de plâtres, à laquelle s’ajoutaient les dossiers informatisés produits après la transition à un système informatique dans les dernières années. Il lui a fallu des mois de travail après ses heures normales, alors qu’elle continuait à traiter ses patients au cours de la dernière année.
Certains d’entre nous atteignent aussi la même étape comme optométristes, et l’élimination des dossiers est une tâche tout aussi considérable que nous devrons entreprendre. L’élimination sécuritaire des renseignements sur les patients et la pratique est une nécessité absolue, mais la plupart des professionnels de la santé n’ont ni le temps ni la formation nécessaires pour la faire.
Nos 2 écoles d’optométrie du Canada mettent à jour leurs programmes et leurs installations afin de continuer à répondre aux besoins croissants de nos patients et à la technologie en pleine expansion dans une pratique optométrique moderne. Les programmes de formation continue et les foires commerciales regorgent de nouvelles technologies qui accroissent notre capacité à détecter et à gérer plus tôt et plus efficacement les problèmes de vision et des yeux. Mais ces nouvelles technologies entraînent aussi une augmentation de la quantité de données que nous devons recueillir, interpréter et stocker au sujet de nos patients. Parallèlement, nous voyons l’intelligence artificielle (IA) jouer un rôle dans le traitement de ces données et fournir au praticien des suggestions pour gérer l’état du patient.
Le mois de septembre 2025 marquait le 50e anniversaire de mon entrée dans ma première classe d’optométrie à la University of Waterloo, dans l’immeuble de la rue Columbia Ouest. Le programme de 4 ans était déjà lourd à l’époque et nous n’avions pas à apprendre à utiliser les systèmes de dossiers électroniques et à acquérir les compétences cliniques. En tant qu’universitaire, l’élaboration de programmes d’études a toujours été une préoccupation pour moi, compte tenu du peu de temps passé dans la salle de classe et la clinique. Il est essentiel de trouver le juste équilibre entre les connaissances fondamentales et cliniques, les compétences manuelles et technologiques, la gestion des patients et de la pratique, ainsi que les exigences professionnelles actuelles et futures dans un programme d’études de 4 ans.
Cependant, il est clair que toutes les compétence de vie et les connaissances nécessaires ne peuvent pas être enseignées dans le programme professionnel. La pensée critique et les compétences technologiques de base, comme l’utilisation et les limites de l’IA ainsi que la sécurité des données, peuvent être renforcées, mais les étudiants en optométrie d’aujourd’hui doivent déjà les posséder avant d’entrer dans le programme.
Ma sœur est maintenant en semi-retraite, finissant les traitements de ses derniers patients et planifiant le moment où elle finira par prendre sa pleine retraite. Les dossiers ont été déchiquetés, les étiquettes d’identification ont été retirées et la benne à ordures a été remplie. Son expérience me rappelle que savoir planifier la fin d’une carrière est une autre compétence de vie que nous devons tous acquérir et le plus tôt sera le mieux.
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© B. Ralph Chou 2026

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