Éditorial : Encore une fois!

Auteurs-es

  • M.J. Samek

DOI :

https://doi.org/10.65636/cjo.v54i4.7209

Mots-clés :

éditorial

Résumé

Au début de 1992, la Société canadienne d'ophtalmologie informait ses membres, par son bulletin, de l’« élargissement de l'étendue de l'exercice de l'optométrie ». Le bulletin signalait des changements aux lois sur l'optométrie partout au Canada, et il mentionnait qu’« il y aura un lutte incessante pour défendre le traitement médical et chirurgical des maladies des yeux par des praticiens qui ne sont pas médecins ». La Société a aussi indiqué qu'elle avait obtenu des documents et l'appui de ses collègues américains, vraisemblablement pour faire obstacle aux objectifs de l'optométrie.

Pendant des années, l'ophtalmologie a adopté une attitude politique d'antagonisme à l'endroit de l'optométrie et de son rôle dans la prestation des soins oculo-visuels. On a tenté de contrecarrer les progrès de notre profession, notamment l'utilisation des anesthésiques en tonométrie, ]'utilisation d'agents dilatateurs pour l'évaluation périphérique du fond de l'œil (ou pour faciliter l'évaluations du pole postérieur) et !'utilisation de cycloplégiques pour évaluer la réfraction. Fait étrange, l'utilisation de ces médicaments a donné lieu à un aiguillage plus efficace et précis auprès du même groupe qui s'y était oppose. De plus, notons l'importance manifeste de l’avantage que présentent ces progrès de l'optométrie pour les patients.

Encore une fois, nous prévoyons que notre profession sera attaquée pour avoir voulu faire progresser le traitement de nos patients. Pour ne pas qu’on m’accuse de macher mes mots, l'affirme haut et fort que la prescription de médicaments par les optométristes constitue un élargissement de notre pratique qui doit et va survenir. La rationalisation de mes convictions repose sur le bien-être des patients, l'éducation et la formation de notre profession, la précarité financière constante de notre réseau de soins de santé et les pressions accrues sur l'ophtalmologie (c.-a-d. le plafonnement, les récupérations).

Les pressions externes sur Jes ophtalmologistes ont provoqué des changements intéressants à leur pratique, comme la participation a la prescription de lunettes et !'expansion des services non assures (laser K, RK) et !'association aux médecins spécialises en réfraction. Tous ces changements a la pratique de l'ophtalmologie méritent aussi un commentaire; une autre fois peut-être.

L'ophtalmologie doit maintenant comprendre que le diagnostic et le traitement des maladies n'a jamais été le domaine expulsif de la médecine, c'est peut-être ce qui les inquiète. La position adoptée par les ophtalmologistes ne saurait surprendre, et elle ne modifie en rien le respect que l'accorde à leurs compétences chirurgicales et diagnostiques.

Publié-e

2026-08-07

Comment citer

Samek, M. (2026). Éditorial : Encore une fois!. Revue Canadienne d’optométrie, 54(4), 172. https://doi.org/10.65636/cjo.v54i4.7209

Numéro

Rubrique

Éditorial